Une grossesse pleine de complications


Ce témoignage fait partie de notre grand dossier “Les complications de la grossesse


Mai 2010


Camille avait 23 ans quand elle s’est trouvée enceinte. Réjouie par cette grossesse, elle a dû affronter une série de complications auxquelles elle ne s’attendait pas du tout.



Bébévallée : La grossesse vous inquiétait-elle ?

 

Camille : Absolument pas ! Pour moi, c’était quelque chose de naturel, des millions de femmes portent des enfants dans le monde, et je n’avais jamais entendu parler de problèmes particuliers autour de moi ! Je suis vraiment tombée des nues quand j’ai commencé à avoir des soucis.

 

Que vous est-il arrivé ?

 

Au tout début de ma grossesse, vers six semaines, des analyses de sang ont montré que j’avais la toxoplasmose. Cette maladie, contractée au début de la grossesse, est particulièrement grave pour le fœtus, et le médecin du laboratoire m’a conseillé d’avorter. Ma gynéco, elle, avait l’air moins inquiète. Je me sentais perdue, et c’est à ce moment-là que, bien que vivant au Maroc, j’ai contacté un oncle gynécologue dans un hôpital de la banlieue parisienne, où vit le reste de ma famille, pour faire des examens complémentaires et avoir un autre avis. Bien m’en a pris puisque c’est là-bas que j’ai été suivie pour toutes les complications qui sont survenues ensuite. Finalement, il s’est avéré que ma toxo était antérieure au début de grossesse, donc sans risque pour le bébé. Le pire, dans cette affaire, a été l’incertitude dans laquelle nous avons été pendant quelques semaines : doit-on se préparer à accueillir un enfant normal ou handicapé ? Nous n’avions pas de réponse. 

 

Vous avez pu repartir au Maroc ensuite ? 

 

Oui, j’ai repris une vie normale, je travaillais, je marchais beaucoup. Et un soir dans mon troisième mois, je suis tombée d’un tabouret par terre. Une toute petite chute sur les fesses, qui ne m’a pas inquiétée (je ne suis pas de nature inquiète !) jusqu’à que je commence à saigner. En fait, mon placenta s’était décollé et j’aurais pu faire une fausse couche si je ne m’étais pas couchée juste après ma chute. Là encore, j’ai eu de la chance ! 

 

Vous attendiez des jumeaux ? 

 

Oui, je l’ai appris à l’occasion des examens approfondis suite à ma toxo. J’étais surprise, mais pas trop stressée à l’idée d’avoir deux bébés. Forte de mes dix ans de babysitting, je me sentais prête à faire face. Et je n’avais pas du tout imaginé q’une grossesse gémellaire pouvait présenter des complications.

 

Quelles complications avez-vous connues ? 

 

Pour les examens du 5e mois, je suis rentrée en France pour deux jours. Et je n’ai pas pu repartir ! Les médecins m’ont annoncé que mes bébés étaient atteints du syndrome transfuseur/transfusé. Cela signifie qu’il y a une connexion entre les deux cordons ombilicaux qui permet à l’un des fœtus de prendre la "nourriture" de l’autre, avec un risque de 80% de perdre le bébé privé de subsistance. On me proposait une opération pour couper cette connexion, mais l’opération elle-même entraînait un risque de 50% de perdre un bébé, et 25% de perdre les deux… Après tout ce qui m’était arrivé, je me trouvais devant cela. J’ai ressenti un sentiment d’injustice, mais je me suis vite reprise. L’opération a eu lieu 24h après l’annonce du syndrome, mon mari est rentré en urgence et nous étions très entourés par notre famille : nous n’avons pas eu trop le temps de gamberger. Surtout, je me disais qu’il ne fallait pas que je me laisse abattre pour que mes bébés aient envie de vivre. Je sentais un lien entre mon état psychique et leur motivation à vivre. Je leur ai beaucoup parlé, je les ai encouragées… c’était un vrai coaching ! 

 

L’opération s’est bien passée ? 

 

Oui, mes deux chéries ont survécu. Ensuite, il fallait qu’elles grossissent suffisamment pour arriver à 34 semaines, terme fixé pour la césarienne. Les deux mois et demi qui ont suivi ont été un long suspense, rythmé par les échographies et le verdict de la prise de poids ou stagnation des deux filles. Au quotidien, je souffrais de ne pas être chez moi, avec mon mari, mais heureusement, mes parents,chez qui j’habitais, étaient aux petitw soins ! Ma vie n’était qu’une longue succession de rendez-vous médicaux. En même temps, cela m’occupait et m’empêchait d’avoir du temps pour penser. 

 

Qu’est-ce qui vous a aidé à garder confiance ? 

 

Deux choses. Tout d’abord, cette certitude que mon moral avait une influence sur mes filles. Je ne pouvais pas me permettre de douter. Et puis je suis croyante, et ma Foi m’a portée tout au long de cette grossesse. Nous avions confié les filles à la Vierge Marie et je me disais qu’il ne pouvait rien arriver de grave. J’avais confiance dans la Vie. 

 

La fin de la grossesse a été plus calme ? 

 

Pas vraiment ! J’ai eu une "permission" pour partir m’aérer un week-end en Normandie, à six mois de grossesse. Et là-bas, j’ai eu mal au ventre. Par prudence, je suis allée à l’hôpital et on m’a annoncé que ces douleurs étaient des contractions et que l’accouchement commençait ! Heureusement, les médicaments qu’on m’a administrés ont pu arrêter les contractions et la grossesse a pu se poursuivre. Mais j’ai dû rester à l’hôpital à Caen, sous perfusion, là encore sans mon mari. J’ai finalement obtenu qu’on me transfère en région parisienne. La fin de la grossesse a été très sédentaire. J’étais frustrée de ne pouvoir faire des courses pour préparer l’arrivée de nos filles, comme toutes les autres mères.

 

L’accouchement s’est-il bien passé ? 

 

J’ai eu une césarienne, à 34 semaines. Les filles pesaient respectivement 2,3 et 1,3 kg. Elles ont été placées en couveuse. C’était dur de ne pas avoir eu une vraie naissance, avec ses enfants près de soi, qu’on présente à ses proches. Notre vie était rythmée, là encore, par l’interrogation quotidienne : grossissent-elles bien ? supportent elles les traitements ? Nous passions nos journées à l’hôpital, j’essayais péniblement de tirer mon lait pour leur donner. Quelle victoire quand j’ai pu obtenir 50 ml de lait maternel ! Inès est sortie au bout de 5 semaines, et Blanche deux semaines plus tard. Et j’ai pu rentrer au Maroc avec mes deux petites quelques semaines plus tard. 

 

Avec le recul, que pouvez-vous dire de toutes les difficultés que vous avez traversées ? 

 

J’ai la sensation d’avoir des miraculées ! C’est une source de confiance dans la vie, et cela contribue à relativiser les petits soucis du quotidien. Quand je suis rentrée au Maroc, chez moi, avec mes filles et mon mari, je vivais sur un petit nuage. Tout me semblait facile en comparaison de ce que nous avions traversé ! Cela n’empêchait pas les moments de fatigue, de ras le bol mais, même dans ces moments là, je me remémorais la chance que nous avions eue, et cela m’aidait à tenir le coup.

 

Qu’aimeriez vous dire aux futures mamans qui connaissent des complications ? 

 

Je suis persuadée que les bébés dans le ventre ressentent ce que ressent la maman. Elle doit avoir confiance pour donner à son enfant l’envie de se battre ! L’espérance ne déçoit pas, mes filles en sont la preuve !

La rédaction de BébéVallée


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