Je suis une mère fusionnelle !


Ce témoignage fait partie de notre grand dossier “Etre une bonne mère


Avril 2008


A 40 ans, Karine, chef d’entreprise, a eu son premier bébé. Cette naissance tant désirée l’a plongée dans une relation fusionnelle avec sa fille, du moins pendant les trois premiers mois. Témoignage.



Bébévallée : Que représentait pour vous la naissance de votre fille, Isaure ?

 

Karine : C’était tout pour moi ! Un accomplissement, une nouvelle naissance, pourrais-je dire, et la découverte d’un petit être humain… Je n’ai pris conscience du bouleversement que représentait l’arrivée de ma fille qu’une fois de retour à la maison, quand je me suis retrouvée seule avec elle. Tout à coup, j’ai réalisé qu’elle était totalement tributaire de moi, jour et nuit. Je me suis retrouvée comme au bord d’un abîme : « Comment vais-je y arriver ? », me suis-je demandé. Et j’ai choisi de suivre mon instinct.

 

Dans quelle mesure diriez vous que vous êtes une mère fusionnelle ?

 

Je l’ai été au début, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Pendant les trois premiers mois Isaure a occupé toutes mes pensées, tous mes actes étaient organisés autour d’elle. Allaitement, change, câlin et ainsi de suite… Il n’y avait plus qu’elle dans ma vie. Je vivais aussi une relation physique très forte avec elle, notamment dans le peau à peau. Oui, c’était complètement fusionnel !

 

Vous rendiez vous compte que vous étiez dans la fusion ?

 

Non, pas du tout ! Je n’avais pas de recul sur la situation. Mon mari tentait de temps à autre de se rappeler à mon bon souvenir… mais je n’entendais pas vraiment ! Heureusement, il l’a plutôt bien vécu. Au fond, je crois que cela lui semblait assez normal qu’une mère soit ainsi proche de son bébé.

 

Que trouviez-vous de bénéfique dans cette relation fusionnelle ?

 

L’essentiel ! J’y trouvais d’abord une grande sécurité, ce qui était nouveau pour moi, qui suis d’un naturel plutôt angoissé. C’était une évidence pour moi et je profitais de chaque moment avec elle. Cela ne signifie pas que tout était rose : j’ai le souvenir de grande fatigue, d’états d’épuisement, où les nerfs sont à fleur de peau : mais j’avais malgré tout la sensation de vivre quelque chose de doux et, pour une fois, de ne pas avoir à lutter. Je ressentais une connivence très forte avec Isaure, je lui parlais beaucoup, lui expliquais ce que je ressentais… et les mots que je trouvais pour lui parler finissaient par me réconforter moi aussi.

 

N’avez-vous jamais fait garder Isaure ?

 

Pas avant 2 mois. Et puis mon mari m’a demandé d’assister à une réunion importante pour notre entreprise. Cela s’est décidé en 24 h, je n’avais aucune famille sur place et j’ai dû trouver une baby sitter du jour au lendemain. Je me suis sentie très mal sur le coup : angoissée, culpabilisée, inquiète… je suis quand même parvenue à me concentrer pendant la réunion, mais je crois n’avoir jamais déroulé aussi vite un powerpoint !

 

Vous dîtes être sortie de la fusion : comment cela s’est-il fait ?

 

Ce fut pendant les vacances d’été : Isaure avait trois mois, nous sommes partis dans la famille de mon mari. Soudain, j’ai réalisé qu’Isaure n’était pas seulement ma fille à moi, mais qu’elle appartenait bien à une famille, avec des grands-parents, des cousins… Cela m’a permis de commencer à lâcher un peu prise. C’est à ce moment-là que j’ai supprimé les tétées de l’après-midi, mettant ce temps là à profit pour me reposer, passer du temps avec mon mari… En revanche, en rentrant chez nous, j’ai eu envie de prendre un congé parental pour profiter de ma fille.

 

Et pendant votre congé parental, vous n’étiez plus aussi fusionnelle ?

 

Non, j’avais l’impression que le temps passait très vite et qu’il fallait que je prépare déjà le retour au travail et la garde d’Isaure, pour ne pas être déconnectée le moment venu. J’ai donc mis Isaure à la halte garderie deux demi-journée par semaine, pour la socialiser et pour respirer un peu. J’ai recommencé à réinvestir le champ professionnel, à faire de la veille sur les sujets qui m’intéressaient, à faire des dîners business à la maison. C’était aussi facile car Isaure grandissait : je voyais bien qu’elle avait envie d’autre chose, elle était ravie d’aller à la halte garderie. Ma fille commençant à être plus autonome, la fusion n’a tout simplement plus lieu d’être.

 

Comment s’est passé le retour au travail ?

 

Plutôt bien ! Je suis heureuse de retrouver l’équipe, les dossiers, les clients. Mais je me suis donné des règles strictes : ne jamais quitter le bureau après 18h15 le soir… et ne jamais téléphoner à la nounou pendant la journée !

 

La rédaction de BébéVallée


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Des méthodes d’accouchement (notamment la méthode Leboyer) permettent de réduire la violence du passage du milieu intra-utérin au monde extérieur : semi-obscurité, le cordon ombilical n’est pas tout de suite coupé... Les enquêtes réalisées auprès des nouveau-nés bénéficiaires indiquent que les troubles du sommeil et de l’alimentation après la naissance sont très fortement réduits, voire inexistants.


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