A partir de quatre/cinq mois, les besoins de bébé changent. Sécurisé, il est prêt à explorer le monde extérieur et à se séparer progressivement de sa mère.
L’expérience de la désillusion
Mélanie Klein situe cette période au quatrième mois. Elle estime que le bébé qui a constitué dans de bonnes conditions son Moi à la naissance est alors mieux armé pour lutter contre l’angoisse.
Selon Winnicott, la mission de la mère, à partir de cinq/six mois, est alors de désillusionner son bébé pour l’introduire dans la réalité. Elle n’est plus obligée de satisfaire ses besoins immédiats et peut différer sa réponse. C’est grâce à ce travail que l’enfant réalise qu’il n’est plus dans la fusion avec sa mère, mais qu’il est un individu.
Fixer des limites
Dès que l’enfant commence à être mobile, il gagne en autonomie, mais découvre qu’il y a des limites à respecter.
Aldo Naouri estime qu’un enfant, parce qu’il en a besoin, doit être cadré, qu’on doit lui fixer des limites, parce qu’il supporte parfaitement l’épreuve de la frustration. Pour lui c’est à la mère « de poser les interdits, de les énoncer et de veiller à ce qu’ils soient suivis d’effets ». Le père quoi qu’il fasse est vécu comme à l’origine de ces interdits. Son autorité doit être préservée par la rareté de ses interventions.
« Imposer une discipline à un jeune enfant est l’une des tâches les plus difficiles, mais aussi les plus importantes des parents » analyse le pédiatre américain T. Brazelton. Il observe que les enfants ayant des parents permissifs sont considérés comme « nerveux » quand ils se retrouvent en collectivité alors qu’ils manifestent une recherche angoissée de certaines limites.
L’indépendance
A partir d’un an le bébé apprend à développer sa capacité à être seul, explique Winnicott, même s’il a besoin de continuer à s’assurer régulièrement de la présence de sa mère.
Pour le médecin et psychanalyste américain Margaret Mahler (1897-1985), spécialiste du traitement des psychoses infantiles, de neuf à douze mois jusqu’à quinze mois, l’enfant est dans l’exploration pris entre deux sentiments contradictoires : l’angoisse de la séparation et la jubilation de découvrir l’autonomie.
Mais pour Freud, c’est surtout l’apprentissage de la propreté qui est déterminant dans la structuration psychique de l’enfant. C’est pour lui le véritable accès à l’indépendance. L’enfant de un à trois ans se situe dans le stade oral : l’enfant retire du plaisir à libérer ou retenir ses selles. Il y exerce aussi son pouvoir à l’égard de ses parents en décidant d’être propre ou non.
Le 09 avril 2008
La rédaction de BébéVallée
Des méthodes d’accouchement (notamment la méthode Leboyer) permettent de réduire la violence du passage du milieu intra-utérin au monde extérieur : semi-obscurité, le cordon ombilical n’est pas tout de suite coupé... Les enquêtes réalisées auprès des nouveau-nés bénéficiaires indiquent que les troubles du sommeil et de l’alimentation après la naissance sont très fortement réduits, voire inexistants.
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