Pourquoi l’enfant a besoin de limites
Dès le plus jeune âge, bébé a besoin qu’on lui fixe des limites, d’abord pour assurer sa propre sécurité, ensuite pour le rassurer et lui faciliter son intégration dans le monde des enfants et des adultes.
L’enfant gouverné par ses pulsions
Pour la psychanalyste Claude Halmos, le fonctionnement de l’enfant, bien qu’il soit un être de langage, n’est pas foncièrement différent de celui du petit animal. Il est dominé par ses pulsions. Il veut quelque chose, il le prend, il a envie de frapper, il frappe. Elle estime que « le travail des parents est de lui apprendre à devenir civilisé ». C’est un profond changement intérieur qui conduit l’enfant à commencer à réfléchir avant d’agir pour contenir son impulsivité et son agressivité (1).
Dès le plus jeune âge
« Dès qu’un enfant est apte à se déplacer, il faut constamment veiller à sa sécurité en lui posant des interdits, afin d’éviter les accidents domestiques. C’est à ce stade que le non commence à s’imposer et que déjà l’enfant essaie de transgresser les règles énoncées », explique la psychanalyste Etty Buzyn (2).
Selon le pédopsychiatre Catherine Jousselme, plus on a posé des règles de façon efficace pendant la petite enfance, plus il est facile de poursuivre cette éducation dans la tourmente de l’adolescence (3).
Un sentiment de sécurité
Pour le pédiatre américain T. Berry Brazelton (4), les refus sont le signe d’un réel besoin de limites. Selon lui, si ces dernières ne sont pas posées, l’enfant manifestera son angoisse : il sera davantage agité et ses provocations ne cesseront d’augmenter. Ce sont ces limites qui lui donneront le sentiment d’être aimé.
Souvent les peurs et les cauchemars disparaissent quand les parents et, surtout le père, reprennent leur place et donnent à l’enfant la protection d’une autorité qui les rassure, analyse Claude Halmos.
Lui éviter des difficultés d’intégration
Il y a également des raisons sociales observe Etty Buzyn : « il va rencontrer les contraintes de la vie courante et risque d’être confronté à des difficultés d’intégration s’il ne sait pas s’y adapter et de se mettre davantage en danger ».
Claude Halmos ajoute que les enfants qui souffrent d’un manque d’autorité ont des retards de développement. Ils sont souvent immatures, ont du mal à s’intégrer à l’école, ont des difficultés pour apprendre à lire et à écrire car l’univers des connaissances est entièrement structuré par des règles.
Dans le même temps, l’enfant risque d’être rejeté par les autres enfants s’il n’accepte pas les règles et de souffrir de ce rejet, souligne le Pr Catherine Jousselme.
(1) « L’autorité expliquée aux parents », Claude Halmos, entretiens avec Hélène Mathieu, éditions Nil.
(2) « Je t’aime, donc je ne te céderai pas ! », Etty Buzyn, avec la collaboration d’Isabelle Bauer, éditions Albin Michel.
(3) « Comment l’aider à… bien intégrer les limites », Pr Catherine Jousselme, Patricia Delahaie, éditions Milan.
(4) « Ecoutez votre enfant », T. Berry Brazelton, éditions Payot.
La rédaction de BébéVallée
Pour nombre de professionnels de l’enfance, les messages de la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto ont souvent été mal interprétés par les parents. Le fait de considérer l’enfant comme une personne, d’être davantage à son écoute bloque souvent les parents dans l’exercice de leur autorité. On oublie de dire qu’elle estimait également qu’un enfant avait besoin pour se construire des limites posées par les adultes. C’est ce qu’elle appelait "les fruits de la castration", action qu’elle considérait comme indispensable à tout projet éducatif.
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