Bébé propre : les 5 erreurs à éviter
Après la diversification alimentaire, la marche, il vous faudra encore un maximum de patience et surtout de bienveillance pour passer le cap de l’apprentissage de la propreté.
Culpabiliser
Même si vous êtes agacée par les petites fuites, il est plus efficace de saluer les réussites, de proposer des petites récompenses et de taire les échecs (1).
A éviter : "tu as sali la moquette", "ta cousine ne mets plus de couches depuis longtemps"...
Humilier
Attention aux mots qui blessent. Ils peuvent conduire aux blocages et ne sont pas bons pour la confiance en soi conseille la pédopsychiatre Catherine Jousselme (2).
A éviter : "tu es sale", "tu es un petit pisseux", "tu n’y arriveras donc jamais", "tu n’es qu’un bébé".
Forcer
Mieux vaut reporter une demande que de contraindre l'enfant à aller sur le pot.
A privilégier : parfois, une petite pause du pot se révèle nécessaire.
S’adapter au rythme de développement de chaque enfant est nécessaire estime le psychiatre et psychanalyste Didier Lauru (3). Un enfant forcé à la propreté de manière trop prématurée, peut devenir, selon lui, un adulte obsédé par le rangement, à la limite de la maniaquerie ou par réaction à l’exigence parentale, ne se sentir bien que dans un désordre extrême.
Se presser
Il faut du temps pour que l’enfant apprenne à maîtriser ses sphincters, mais aussi pour qu’il apprenne à utiliser son pot.
A éviter : la propreté un mois avant de rentrer à l’école ! "L’apprentissage de la propreté se fait aujourd’hui trop souvent dans l’urgence, à la veille de l’entrée à l’école, alors que l’enfant a besoin de temps pour cet apprentissage" regrette le pédiatre Bernard Bedouret.
Se décourager
Il y a des jours avec et des jours sans, c’est souvent un parcours au début un peu chaotique avec des alternances de réussites et de résistances au changement. Il suffit de se dire que cela peut prendre de 3 à 6 mois (1).
Pour la psychanalyste Christiane Olivier (4), cela demande de la patience, surtout pour les petits garçons qui sont confrontés parfois à la peur de perdre leur sexe. L’enfant doit passer du stade où les contractions annales se font sans qu’il n’intervienne dans sa couche, à la maîtrise de ses sphincters.
(1) "La propreté, conseils et astuces au quotidien", Madeleine Deny, éditions Nathan.
(2) "Comment l’aider à…avoir confiance en lui",Catherine Jousselme, éditions Milan.
(3) "La sexualité des enfants n’est pas l’affaire des adultes", Didier Lauru et Laurence Delpierre, éditions Hachette.
(4) "L’enfant et sa sexualité", Christiane Olivier, éditions Fayard.
La rédaction de BébéVallée
Pour la petite histoire, en 1920-1930, on recommandait aux parents de commencer dès la naissance à proposer le pot à heures fixes (1). En 1940, apparaît un petit fauteuil percé avec des sangles pour y attacher l’enfant dès quatre mois rappelle le Pédiatre Aldo Naouri (2). C’est la psychanalyste Françoise Dolto, observe-t-il qui fut une des premières à s’insurger contre ces pratiques en 1947. Elles ne correspondaient pas au développement neurophysiologique des petits et engendraient des troubles graves : constipations, inhibitions, manque de confiance en soi, dégoût du corps. Dans la foulée de ce nouveau courant, qui rencontra beaucoup d’échos auprès des pédiatres, la première couche fut commercialisée en 1959 !
(1) "La vie sans couches", Sandrine Monrocher-Zaffarano, éditions Jouvence.
(2) "Questions d’enfants", Brigitte Thévenot et Aldo Naouri, éditions Odile Jacob.
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