Une naissance naturelle en France


Ce témoignage fait partie de notre grand dossier “Attendre un bébé ailleurs


Octobre 2010


Australienne, Jennifer a eu ses deux premiers enfants dans son pays. Elle redoutait un accouchement trop médicalisé pour son troisième enfant en France. Mais elle a su faire entendre ses choix.



Bébévallée : Comment se sont passées vos deux premières naissances en Australie ?

 

Jennifer : J’ai accouché les deux fois à l’hôpital, mais j’ai eu ce qu’on appelle chez nous des "naissances naturelles", c’est-à-dire respectant le rythme de la nature : pas de déclenchement, pas de péridurale, avec la possibilité de bouger, de choisir les positions qui nous conviennent le mieux. En Australie, pendant les cours de préparation à la naissance, on nous avait expliqué qu’il était mieux d’accoucher sans péridurale car cela réduisait le risque de césarienne. J’ai donc vécu une naissance naturelle pour mes deux premiers enfants, même si mon aîné a été déclenché parce que j’avais perdu les eaux et que le travail n’avait pas encore commencé au bout de 24h. Mes deux premiers accouchement ont été une expérience douloureuse, certes, mais magnifique. 

 

Quel était votre état d’esprit quand vous avez attendu votre troisième enfant en France ? 

 

J’ai beaucoup lu et pris des renseignements autour de moi pour savoir comment se passaient les choses en France. J’étais inquiète de ne pas avoir le choix, et de devoir subir un accouchement très médicalisé. Pendant ma grossesse, je suis allée voir une sage femme libérale pour me familiariser avec le vocabulaire français de l’accouchement. Comme je ne maîtrisais pas bien le français, j’avais peur de ne pas comprendre ce qu’on me demanderait pendant l’accouchement ! Sinon, j’ai été suivie à l’hôpital public, par une sage femme. Le suivi de la grossesse ressemblait beaucoup à ce qui se pratique en Australie. 

 

Avez-vous pu bénéficier d’une naissance naturelle, comme vous le souhaitiez ? 

 

Pendant ma grossesse, j’ai rédigé un projet de grossesse que j’ai fait mettre dans mon dossier médical. J’y expliquais mes souhaits : pas de péridurale, ma volonté qu’on laisse mon enfant contre moi juste après sa sortie et qu’on ne lui donne pas de bain. Je ne savais pas trop de quel œil l’hôpital verrait tout cela et j’avoue avoir été surprise que la sage femme accepte mon projet sans difficulté. 

 

Comment s’est passé l’accouchement ? 

 

Après plusieurs heures de travail, les contractions étaient tellement douloureuses que j’ai demandé une péridurale ! Les deux sages femmes qui m’accompagnaient m’ont dit que cela ne correspondait pas à mon projet et que je risquais de le regretter ! Elles m’ont encouragée, me disant que l’expulsion était proche et m’ont indiqué des positions destinées à accélérer le travail. Deux heures après, le bébé arrivait, Henry était en pleine santé et j’ai donc pu le garder contre moi. J’étais vraiment heureuse que les sages femmes m’aient aidée à maintenir le cap, et je crois qu’elles aussi étaient satisfaites d’avoir accompagné cette naissance naturelle ! Je ne suis pas sûre que les choses se seraient passées de la même façon si j’avais eu affaire à un gynécologue. 

 

Et pour l’allaitement ? 

 

J’ai été étonnée du peu de soutien prodigué aux femmes qui allaitent ! Pour moi, ce n’était pas nécessaire, puisque j’avais déjà allaité deux enfants, mais quand même. En Australie, on ne laisse pas sortir de l’hôpital une jeune maman sans s’assurer que tout va bien avec l’allaitement. En France, ce n’est pas vraiment ça. 

 

Avez-vous allaité longtemps ? 

 

J’ai allaité les deux premiers pendant deux ans chacun. Henry, mon troisième, n’a plus voulu téter à 14 mois. Il s’est sans doute spontanément conformé aux habitudes françaises ! 

 

Et pour les premiers mois de votre fils ? 

 

J’ai beaucoup apprécié la PMI, qui a pu répondre à toutes mes questions. J’ai apprécié aussi la rééducation périnéale systématique, ce que nous n’avons pas en Australie. C’est plus efficace de faire les exercices chez un kiné que seule chez soi. 

 

Avez-vous le sentiment d’avoir élevé votre petit dernier en France de la même façon que les deux autres en Australie ? 

 

Il n’y a pas d’énorme différence. Ce que j’observe cependant, c’est que les règles concernant les soins des enfants sont plus strictes ici qu’en Australie, par exemple concernant l’alimentation. Je trouve que les mères françaises sont très stressées avec la nourriture, ce qui ne me semble pas justifié. En Australie, on laisse les enfants plus libres, on leur impose moins de contraintes qu’en France. Sans doute ai-je été influencée par ces "normes" françaises avec Henry. 

 

Qu’auriez vous envie de dire à des mères étrangères qui vont accoucher en France ? 

 

Je crois qu’il est important de bien se renseigner pour savoir comment vont se passer les choses ici. Comme je parlais mal français en arrivant, j’ai rejoint une association de mères anglophones qui m’a beaucoup aidée. C’est là que j’ai pu recueillir toutes les informations utiles. Quand on est informée, on peut mieux se positionner et exprimer ce que l’on veut.

La rédaction de BébéVallée


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