La grossesse : petit tour des superstitions et rituels


Cet article fait partie de notre grand dossier “Attendre un bébé ailleurs


De tout temps, dans toutes les civilisations, les femmes ont ressenti le besoin d’un soutien moral pour affronter la grossesse et se protéger de ses risques.


Lise Bartoli, psychologue clinicienne et psychothérapeute a recensé dans son ouvrage "Venir au monde" (1) les croyances et les superstitions des continents africains, américains, asiatiques et océaniens.

 

La peur des mauvais esprits

 

En Afrique (Bénin, Sénégal, Mali…), la femme enceinte devra éviter de sortir la nuit et protéger sa maison de toute intrusion : les mauvais esprits pourraient transformer l’enfant en monstre. Il aurait l’apparence d’un bébé, mais la nature d’un serpent, d’un fou ou naître couvert de plaies.

 

Seul un marabout peut conjurer ces mauvais sorts. A titre préventif, on peut accrocher des cornes de bœuf au dessus des portes et des fenêtres pour protéger sa maison. Si l’on doit absolument sortir, il convient de ne pas oublier son gri-gri et de s’asperger d’eau bénite. La meilleure des protections consiste, en Afrique, à rester discrète quand on est enceinte, même le jour.


Une peur partagée en Océanie. A Java, il faut veiller à bien fermer les portes et les fenêtres la nuit et ne jamais sortir pour protéger la future maman des esprits malins qui pourraient provoquer un avortement.


En Asie, comme au Cambodge, c’est d’un esprit féminin malfaisant que la femme enceinte doit se méfier chez les autres femmes enceintes ou chez les femmes en train de travailler. Elle devra ainsi s’éloigner des gardiennes de pirogues de course. Elle devra également éviter de pénétrer dans une forêt : le parfum que dégage la femme enceinte attirerait les bêtes sauvages.


Mais la peur des mauvais esprits était aussi présente en Europe. En France, dans la Manche comme dans le Limousin par exemple, les femmes enceintes ne devaient pas s’aventurer seules pendant la période de l’Avent dans les chemins déserts. Elles se devaient de rentrer tôt chez elles, explique l’historienne Marie-Odile Mergnac (2).

 

Les rites de protection

 

En Inde du Sud, un rituel de protection a lieu entre le cinquième et le septième mois de grossesse. La future maman s’entoure de ses meilleures amies qui la couvrent de bijoux et de rubans. Les familles les plus riches optent pour l’or, le verre ou l’argent. Les moins fortunées réalisent des bracelets avec des feuilles. Dans le même temps, on pare la future Maman d’un Sari noir qu’elle portera jusqu’au terme de sa grossesse.

 

A l’inverse, c’est pour le sari de couleur verte ou rouge, que la caste des Brahmanes (ouest de l’Inde) a opté, alors que le noir est absolument proscrit. Le vêtement est revêtu en présence des femmes de la famille. La sœur du futur père recouvre le front de la femme enceinte de riz et passe autour de son poignet un anneau comportant des clochettes.


En Asie, à Taïwan, c’est une sage-femme qui vient dès le quatrième mois placer une ceinture de protection autour de la taille de la future maman et masser son visage et son corps avec de la graisse de porc pour éloigner notamment les maladies.


En Afrique, on trouve également dans une ethnie au Cameroun une cordelette de protection attachée à la ceinture. Elle contient des plantes protectrices, les ongles de la future maman, une touffe de ses cheveux, des poils de ses aisselles et de son pubis et un peu de sueur. A Madagascar, les femmes enceintes de six mois éloignent le danger en se purifiant de leurs fautes : c’est l’homme le plus âgé de la famille qui crache de l’eau sur la future maman.


En Europe, les Chrétiens ont longtemps invoqué les Saints pour se protéger des maladies et assurer à la future mère une grossesse sereine. Sainte-Anne était la sainte à invoquer pour les femmes stériles ou pour celles qui prévoyaient un accouchement difficile, mais c’est Sainte Cunégonde qui était la patronne des enfants et des femmes enceintes. Jusqu’au siècle dernier, les femmes enceintes se rendaient en pèlerinage à Eschbach (ou dans les églises consacrées à Saint Pancrace) pour prier afin que l’accouchement se passe au mieux et que l’enfant naisse sain.


(1) "Venir au Monde", Lise Bartoli, Payot.
(2) "France, terre de sorciers" de Marie-Odile Mergnac, Anne-Claire Dejean, Max Déjean, et Jacques Lambert, éditions broché.



La rédaction de BébéVallée

Le culte de l’accouchement à domicile

Dans les cultures traditionnelles, on se méfie beaucoup de l’hôpital comme lieu d’accouchement. Selon Lise Bartoli (*), les mères redoutent que l’on ne prenne pas en compte leurs croyances traditionnelles. Les organismes de santé, comme l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), font un travail directement auprès des sages-femmes traditionnelles pour les sensibiliser aux conditions d’hygiène, limiter ainsi les risques d’infections et dépister les facteurs de risque.

(*) "Venir au Monde", Lise Bartoli, Payot.


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