L’accouchement : une affaire de femmes


Cet article fait partie de notre grand dossier “Attendre un bébé ailleurs


Dans les pays traditionnels, ce sont toujours les femmes qui accompagneront la future maman vers la délivrance. Massages, potions magiques, chants : la matrone mettra tout son savoir-faire en œuvre.


Le père rarement présent

 

L’accouchement est surtout affaire de femmes explique la psychologue Lise Bartoli dans son tour du monde des rites de l’enfantement édité chez Payot (*).

Pour l’accouchement, on fait confiance à une femme, une matrone qui a accouché les enfants du village et est réputée connaître parfaitement bien le corps féminin. Si on a recours à un marabout en cas de difficultés pour l’accouchement, comme chez les Touareg dans le Sud Algérien, ce dernier devra rester à l’extérieur de la maison pour délivrer ses conseils.

Le père est rarement présent au moment de la naissance, dans la plupart des continents étudiés par l’auteur, sauf en Amérique du Sud où l’homme participe activement à l’accouchement. C’est notamment le cas au Mexique et au Guatemala où l’homme accompagne sa femme dans la douleur.

Mais pour les autres cultures, le sang est considéré comme impur. Au Bénin, les hommes restent derrière la porte de la salle d’accouchement, car cela porte malheur de voir le sang de la femme couler. Ces interdits et ces croyances sont également présents dans le continent asiatique : au Japon, comme en Chine, le papa n’a pas sa place à côté de la future maman.

En revanche, les femmes sont présentes et parfois en nombre. En Inde, la mère, la belle-mère, les belles-sœurs et parfois même les soeurs et les enfants en bas âge peuvent assister à l’accouchement.

 

Les rituels du travail : entre ouverture et fermeture

 

Pour que le bébé puisse sortir, il faut que le col de l’utérus s’ouvre.

Un rituel consiste à pratiquer des gestes d’ouverture pour favoriser la dilatation du col. Les femmes qui participent à l’accouchement dénouent tous les liens et dégagent ce qui est fermé. Au Maroc, par exemple, la femme enceinte doit être tête nue, avec les cheveux lâchés et sa ceinture doit être détachée. En Inde, la future maman lâchera également sa chevelure et retirera ses bagues, bracelets et autres colliers, alors que les portes de la maison resteront ouvertes. A l’inverse, au Mexique pour empêcher les esprits de la forêt de rentrer, les portes seront systématiquement fermées.

 

La gestion naturelle de la douleur

 

La matrone accompagne la future mère dans sa douleur par des chansons, des massages et parfois des potions magiques.

La sage-femme traditionnelle marocaine masse ainsi le ventre et la vulve de l’accouchée avec de l’huile d’olive pour les assouplir et faciliter l’expulsion. Elle prépare également des tisanes pour la soulager pendant les contractions.

Au Guatemala, si le travail est un peu long, la sage-femme prépare une boisson à base de liqueur avec une infusion de plantes épicées pour accélérer les contractions. En cas de contractions trop faibles, les mexicaines avalent quant à elles un œuf cru : le haut-le-cœur favoriserait les contractions utérines !

On est loin de la péridurale et des perfusions à l’ocytocine pratiquées dans nos maternités, mais Lise Bartoli rappelle qu’en Europe occidentale au début du 20ème siècle on faisait avaler à la femme en couches une image de la vierge ou d’un autre saint !

 

Délivrance : la position verticale dominante

 

Dans 80% des ethnies étudiées, la position verticale reste dominante. Les femmes accouchent debout, assise, accroupie ou à genoux. L’intérêt de cette position, observe, la psychologue est que la pesanteur facilite la dilatation du col, puis la descente de l’enfant dans le bassin. Dans le même temps, il est laissé "une grande liberté de mouvement" à la maman qui - loin de rester immobile - ce qui est trop souvent le cas dans nos maternités bouge beaucoup pendant le travail.

En France, il y a seulement deux siècles, analyse Lise Bartoli, "on accouchait encore à genoux ou debout devant la cheminée". Ce n’est que depuis le XVIIIème siècle que la position couchée sur le dos est devenue la norme imposée par le corps médical.


(*) "Venir au Monde", Lise Bartoli, Payot.



La rédaction de BébéVallée

Le culte de l’accouchement à domicile

Dans les cultures traditionnelles, on se méfie beaucoup de l’hôpital comme lieu d’accouchement. Selon Lise Bartoli (*), les mères redoutent que l’on ne prenne pas en compte leurs croyances traditionnelles. Les organismes de santé, comme l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), font un travail directement auprès des sages-femmes traditionnelles pour les sensibiliser aux conditions d’hygiène, limiter ainsi les risques d’infections et dépister les facteurs de risque.

(*) "Venir au Monde", Lise Bartoli, Payot.


Le saviez-vous ?

 


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