J'ai allaité mes trois enfants


Ce témoignage fait partie de notre grand dossier “Allaiter sans stresser


Janvier 2009


Priscille a allaité chacun de ses trois enfants. Si le premier mois a toujours été un peu difficile, elle y a trouvé ensuite beaucoup d’avantages et de confort, tant pour son bébé que pour elle.



Bébévallée : Qu’est-ce qui vous a décidé à allaiter votre premier enfant ?

 

Priscille : Je savais que c’était bon pour le bébé, mais personnellement, l’allaitement ne m’attirait pas spécialement. Autour de moi, j’avais observé plusieurs expériences difficiles de mamans qui avaient commencé d’allaiter, puis arrêté au bout d’un mois. Je me suis donc dit « je vais essayer, mais je n’en ferai pas un drame si cela ne se passe pas bien. »

 

Et comment cela s’est-il passé ?


Les deux premiers jours à la maternité ont été difficiles. On vous dit « l’allaitement, c’est instinctif », personne ne m’avait donc expliqué comment il fallait s’y prendre… On n’a pas mis mon fils au sein en salle de naissance, et quand on me l’a amené plus tard pour qu’il tète, il ne parvenait pas à trouver le sein. Cela a duré pendant 48h ! Andéol avait visiblement faim, il pleurait beaucoup, mais je ne souhaitais pas lui donner de biberon car je savais que cela risquait de le décourager de téter. Les conseils que je pouvais glaner étaient contradictoires, bref, je ne savais plus quoi faire. J’ai fini par trouver une auxiliaire de puériculture compréhensive qui, devant mon désarroi, a pris du temps pour m’expliquer comment faire : ventre contre ventre, la bouche du bébé suffisamment ouverte, entourant la totalité du mamelon. Et l’allaitement a enfin pu démarrer. Je l’ai nourri exclusivement de mon lait pendant six mois. 

 

Avez-vous eu des soucis particuliers à votre retour à la maison ? 

 

Oui, j’ai eu des crevasses à un sein. C’était pénible et surtout très douloureux. La crème que l’on m’avait conseillée à la maternité ne me soulageait pas. Mon mari a fait des recherches sur Internet et a lu, sur le site de la Lecce league, qu’il fallait utiliser une crème à la lanoline (Lansinoh, Prélan..). En trois jours, mes crevasses ont disparu, cela a été radical !
Ce qui m’a pesé, le premier mois, c’est la fréquence des tétées. J’y passais beaucoup de temps, même si je ne pratiquais pas complètement l’allaitement à la demande, essayant d’espacer les tétées de deux heures environ. Je n’avais pas envie de n’être qu’une tétine pour mon fils, et de faire du sein la réponse systématique à tous ses pleurs. Pour moi, l’allaitement avait surtout un objectif nutritif. 

 

Combien de tétées par jour donniez-vous à Andéol ? 

 

Cela tournait autour de huit au tout début, puis six vers 1 mois, et enfin quatre tétées à 2 mois. Il a fait ses nuits à ce moment-là, dormant douze heures par nuit : comme quoi, le fait d’allaiter n’est pas forcément un handicap à ce que le bébé fasse ses nuits ! Allaiter était devenu confortable. Je n’avais rien à préparer, pas de matériel à transporter quand je sortais, en plus, il n’était jamais malade. J’avais toutes les raisons de continuer ! Je l’ai sevré à ses 6 mois, quand j’ai repris mon travail. Le sevrage n’a pas été facile. Andéol a refusé le biberon pendant trois semaines ! 

 

Vous étiez motivée pour allaiter votre deuxième enfant ? 

 

Oui. J’avais une expérience positive avec mon aîné, je savais que j’en étais capable. A la maternité, Amycie a bien tété dès le début, je n’ai pas eu de souci particulier, hormis les habituelles crevasses, toujours au même sein, qui sont revenues comme pour Andéol. Mais j’avais ma crème à la lanoline, je n’ai donc pas souffert aussi longtemps ! A la maison, le premier mois m’a semblé un peu contraignant, toujours pour les mêmes raisons : le nombre élevé de tétées. Je pensais qu’elle suivrait le même rythme que son frère, mais pas du tout ! Chaque enfant est différent, il ne faut pas l’oublier. Vers ses 2 mois, Amycie a recommencé à réclamer le sein la nuit, de plus en plus souvent, jusqu’à téter toutes les deux heures à 3 mois. Pour moi, ce n’était plus possible à gérer, car je devais reprendre le travail la semaine suivante. Je lui ai donc donné un biberon la nuit, puis, à 4 mois, c’est mon mari qui lui proposait un biberon d’eau quand elle se réveillait la nuit. Elle a protesté pendant deux nuits, puis a cessé de se réveiller. Je comptais poursuivre un allaitement mixte après la reprise du travail, mais le fait d’introduire le biberon a tari mon lait, et j’ai donc arrêté de l’allaiter à 3 mois. 

 

Et pour votre troisième enfant ? 

 

J’étais évidemment décidée à l’allaiter, même si je me suis laissée toujours un autre choix possible : avec trois enfants, je ne savais pas trop comment j’allais m’organiser ! Tout s’est bien passé avec Gatien, hormis les crevasses, devenues familières… et toujours guéries grâce à la lanoline. Lui a suivi le même rythme qu’Andéol et, à 2 mois, était à quatre tétées par jour, avec des nuits de douze heures. Les positions sont plus naturelles, je crois que j’ai enfin compris ce que signifie le « ventre à ventre » ! Je me rends compte surtout que je suis plus coulante s’il s’endort au sein, ce que je ne laissais pas faire avec les deux premiers, de peur que le sommeil ne perturbe leur repas et décale ensuite leur rythme. Avec Gatien, je laisse la place au côté câlin de la tétée. Mon fils a 5 mois, je l’allaite encore et suis décidée cette fois à poursuivre l’allaitement mixte à l’issue de mon congé maternité. Pour cela, j’ai entendu dire qu’il fallait lui donner le sein au maximum quand il était avec moi, notamment le week-end. 

 

Avez-vous des règles de vie particulières pendant l’allaitement ? 

 

Absolument pas ! Je bois beaucoup d’eau pendant les tétées, parce que j’ai soif, mais sinon, je mange tout à fait normalement, de façon équilibrée et je ne m’interdis aucun aliment. Je m’autorise aussi un verre de temps en temps, le soir, après la dernière tétée, puisque je sais que la prochaine ne sera que 12h plus tard. 

 

Qu’aimeriez vous dire aux jeunes mères qui découvrent l’allaitement ? 

 

Surtout, ne pas se décourager pendant le premier mois ! C’est vrai que les débuts sont difficiles, cela prend du temps, les crevasses ne sont pas un mythe, même si toutes les femmes n’en ont pas… La position n’est pas évidente à trouver. Mais ces soucis finissent par passer et l’allaitement devient confortable.
Je conseillerais aussi d’appliquer systématiquement une crème à la lanoline sur le mamelon après chaque tétée de façon préventive, pendant les premières semaines. C’est de loin le moyen le plus efficace de soigner ou prévenir les crevasses.
J’aurais envie de dire aussi qu’il ne faut pas prendre les avis de l’entourage, même de certains professionnels, pour des paroles d’évangile. De toute façon, à la maternité, on vous donnera des conseils contradictoires : cela aide à relativiser ! Autant faire ce qui nous convient le mieux. A chaque femme ses préférences : moi, par exemple, je n’arrive pas à donner le sein allongée, alors que certaines trouvent cette position très confortable. D’un autre côté, cela fait du bien aussi d’entendre les expériences d’autres mères : cela relativise ses propres difficultés et peut donner des idées. Mais à condition de ne les prendre que pour ce qu’elles sont : des témoignages individuels.

La rédaction de BébéVallée


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