Aider les enfants à découvrir leurs talents


Ce témoignage fait partie de notre grand dossier “Aider son petit à avoir confiance en lui


Avril 2010


Dominica a quatre enfants de 16 à 9 ans. Leur donner confiance en eux a toujours été au centre de son projet éducatif. Ses maîtres-mots : dialogue, liberté et quête de sens.



Bébévallée : Donner confiance en soi à vos enfants, est-ce une chose à laquelle vous pensez en les éduquant ?

 

Dominica : Oui, c’est quelque chose d’important pour moi. Mon objectif, en tant que mère, est de les aider à découvrir les forces qu’ils ont en eux pour qu’ils puissent aller vers ce à quoi ils sont appelés à devenir. Il s’agit de les aider à prendre conscience de leurs goûts, de leur appétit de vivre, de leurs talents. C’est tout cela qui nourrit la confiance en soi.

 

Comment vous y prenez vous pour leur donner confiance ? 

 

Tout dépend de l’âge de l’enfant. Dans la toute petite enfance, disons la première année, on ne peut pas vraiment parler de confiance en soi mais plutôt de sécurité. Pour moi, la sécurité passe par un rythme de vie régulier (horaire des repas, du bain, du coucher).
Elle est liée aussi à la présence des parents, jusque vers 3 ans : Je me souviens que nous avons confié pour une quinzaine de jours ma fille de 2 ans à une amie qu’elle ne connaissait pas, quand j’ai dû rester alitée pour ma troisième grossesse ; les choses se sont faites dans la précipitation, nous n’avons rien expliqué, et cela l’a traumatisée. Il lui a fallu longtemps pour dépasser cette épreuve ; jusqu’au jour où je lui ai dit, quand elle avait à peu près 6 ans : "Tu sais Laetitia, tu n’as plus besoin de t’inquiéter, Maman ne te laissera plus. J’ai dû le faire quand tu étais petite, mais cela ne se reproduira plus." Il s’est passé quelque chose dans son attitude, et elle a été plus facile ensuite.
Valoriser les réussites, même minimes, des enfants me semble aussi fondamental : quand ils étaient petits, je me suis beaucoup extasiée sur leurs œuvres : cadeaux et merveilles qu’ils m’apportaient. J’ai plusieurs cartons de dessins pleins d’amour ! 

 

Vous parlez beaucoup à vos enfants ? 

 

Enormément, surtout aux bébés ! Les petits enfants ont besoin qu’on leur explique : leur parler crée un lien avec eux, les accroche à la vie, à la communication à autrui. Même quand ils sont petits et qu’on leur présente une situation qu’ils ne sont pas en mesure de comprendre, il y a quelque chose qui passe malgré tout. Ils comprennent que quelque chose de nouveau arrive, mais que c’est prévu par maman et que donc cela va bien se passer. Avec les enfants plus grands, l’explication qui accompagne la demande d’obéir valorise l’enfant : elle fait appel à sa capacité de comprendre et de choisir le bien, au lieu de subir la contrainte ou l’habitude. Avec les ados, je ne parle plus "à" mes enfants, mais "avec" eux. 

 

Pour vous, la contrainte n’est pas bonne dans l’éducation ? 

 

La contrainte fait partie de la vie en société ; on ne peut donc pas en faire l’impasse dans l’éducation. En fait, la contrainte est acceptable si elle a un sens. A nous, parents, de savoir si la contrainte que nous imposons en a un. Et de la traduire dans leurs mots et leur monde d’enfant. Par exemple, il me semble inutile de contraindre des petits enfants pour des choses qui sont secondaires, comme les empêcher de se salir quand ils jouent dehors. En revanche, j’ai essayé de leur inculquer le sens des vrais dangers qu’ils côtoyaient : par exemple, en leur approchant la main du four jusqu’à ce qu’ils sentent vraiment la chaleur et leur disant "chaud" ; ou en leur racontant que dans les prises, il y avait comme un petit serpent qui s’appelait "Electricité" et qui mordait très fort quand on mettait ses doigts dedans, qu’on pouvait même en mourir. Pour le reste, ce qui n’était pas franchement dangereux était autorisé. Tout enfant qui court prend le risque de tomber, et alors ? L’idée est de leur apprendre à avoir eux-mêmes conscience de ce qui est vraiment dangereux ou pas. Si on leur interdit tout en permanence, on les rend timorés, on leur transmet de l’insécurité au lieu de les protéger. 

 

Vous laissez beaucoup de liberté à vos enfants ? 

 

Aux petits, et jusque vers 10 ans, oui. Ensuite, à l’âge où les pré-ados et ados revendiquent le droit de conduire leur vie eux mêmes, je maintiens un accompagnement éducatif parental qu’ils peuvent ressentir comme une contrainte, d’autant que beaucoup de parents "lâchent" à ce moment-là… L’éducation ne s’arrête pas quand ils savent se faire cuire des pâtes tout seuls ! Mes ados ne "sortent" pas en ville si je ne sais pas avec qui et où (et encore), et on droit à un quota de jeux sur ordi de 2 h par semaine.
Pour revenir aux petits, j’ai aimé leur laisser une grande liberté, et c’est l’expérience qui m’y a conduite : J’ai consacré énormément d’énergie à ouvrir ma fille aînée aux apprentissages. J’adorais transmettre mon goût d’apprendre, et très vite, Héloïse a été très en avance sur les enfants de son âge. Je ne le faisais pas par souci de la performance, mais vraiment parce que je prenais plaisir à lui apprendre des choses. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte qu’Héloïse n’était ni joyeuse, ni curieuse de rien. Elle avait appris pour me faire plaisir, pas pour elle. Savoir bien utiliser son cerveau ne donnait visiblement pas confiance en elle. Cela m’a amenée à changer d’attitude : ce qui compte, c’est ce que l’enfant porte en lui, ses envies, son être. Je ne leur ai pas imposé des activités qui les rebutaient mais je les ai plutôt encouragés dans celles qui leur convenaient. Héloïse, toujours, était très douée pour le piano, d’après son professeur. Mais quand j’ai entendu comment elle jouait : juste, mécaniquement, mais sans âme, sans y mettre son cœur, j’ai accepté qu’elle arrête. Elle s’y est d’elle-même remise à 15 ans, de son propre chef, et elle joue maintenant d’une toute autre façon ! 

 

Vous leur laissez tout autant de liberté pour les apprentissages scolaires ? 

 

Non, en tout cas pas tant qu’ils n’ont pas acquis une autonomie dans le travail. En revanche, je ne leur inculque pas la notion de performance. Pour moi, les notes ne sont pas prioritaires : ce qui compte, c’est qu’ils acquièrent des compétences et qu’ils soient conscients de ce qu’ils savent, et cela se mesure sur toute l’année. Je pratique l’obligation de moyens et non l’obligation de résultat : l’important est qu’ils sachent leur leçon, pas qu’ils réussissent leur contrôle – parce qu’un incident de parcours est toujours possible. Cela est libérateur pour eux de ne pas avoir de pression sur la note. Quand un enfant m’annonce une bonne note, on se réjouit ! Quand c’est une mauvaise, on regarde pourquoi, et on complète les notions incomprises. Et je ne mets pas la barre au même niveau selon les aptitudes de chacun.
Quand un sujet ou une matière pose problème à un enfant, j’essaie de lui donner les moyens de s’améliorer mais sans être sur son dos tout le temps, ce qui est contre-productif. Je me souviens que Paul écrivait vraiment très mal, encore en CM2. Je me suis dit que cela lui poserait de vrais problèmes au collège, et j’ai entrepris de remédier au problème. J’ai d’abord passé du temps avec lui pour lui réapprendre à bien former ses lettres : ça, c’était pour lui donner les moyens techniques pour s’améliorer. Puis j’ai lâché, tout en regardant régulièrement ses cahiers pour l’encourager quand son écriture était bonne. Cela a bien fonctionné car il écrit maintenant correctement. 

 

Vos deux aînés sont adolescents : comment leur donner confiance en eux ? 

 

Avec des adolescents, on a l’impression de repartir à zéro ! Tout ce qui paraissait acquis est soudainement remis en cause. J’ai lu dans un livre* que cette remise à plat était comme une seconde chance pour les parents de faire passer à leur enfant ce qu’il n’avait pas compris petit. Il avait obéi, mais maintenant, il veut comprendre. Vu ainsi, c’est tout de suite moins difficile à vivre !
Pour moi, l’important est de dialoguer avec ses enfants, d’exprimer clairement ses propres valeurs, d’expliquer comment elles se déclinent au quotidien, qu’elles sont le socle d’un vrai bonheur de vivre : cela aide l’enfant à se positionner et à poser lui-même ses valeurs et sa personnalité.
Concernant les études, j’ai deux techniques : au quotidien, mettre la barre à un niveau atteignable. Pour l’orientation, surtout si elle se fait sur sélection ou concours, je pratique le "plan B" : à côté de l’objectif principal, on élabore un projet "joker" valable sur lequel il pourra se rabattre en cas d’échec du premier. Cela évite de les mettre en insécurité et leur permet d’avancer sereinement sur leur objectif principal, même ambitieux.

La rédaction de BébéVallée


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