J’ai adopté un petit garçon de 4 ans


Ce témoignage fait partie de notre grand dossier “Adopter aujourd’hui


Décembre 2008


Célibataire et désirant élever des enfants, Sophie, à 39 ans, s’est naturellement tournée vers l’adoption. Après plus de deux ans de démarches, elle est aujourd’hui maman d’un petit Jules.



Bébévallée : Qu’est-ce qui vous a conduit à entreprendre une démarche d’adoption ?

 

Sophie : Etant célibataire et ayant le projet d’élever des enfants, passé 35 ans, je me suis naturellement tournée vers l’adoption. J’ai commencé par beaucoup lire sur le sujet et à échanger avec des parents qui avaient eux-mêmes adopté. J’ai pu prendre conscience des différences entre élever un enfant adopté et un enfant biologique. Les premiers ont toujours un vécu difficile qu’il faut prendre en compte. Il s’agit d’établir un lien psychologique avec un enfant que, hier, vous n’auriez eu aucune chance de croiser dans votre vie et qui, du jour au lendemain, devient pour vous la personne la plus importante au monde ! 

 

Pouvez vous décrire la procédure que vous avez suivie ? 

 

La première étape est d’obtenir l’agrément du conseil Général. Après une première réunion d’information, on reçoit un dossier à remplir, puis on rencontre des travailleurs sociaux. L’enjeu est double : pour les postulants, il s’agit de mûrir son projet, de réfléchir au type d’enfant que l’on est prêt à accueillir : ce n’est pas la même chose d’adopter un bébé ou un enfant de 10 ans. Pour les travailleurs sociaux, il est important de s’assurer que l’enfant, déjà secoué par la vie, ne le sera pas encore par sa nouvelle famille. Ils vérifient donc que les futurs parents ont bien compris la problématique de l’adoption, et qu’ils pourront offrir à l’enfant une sécurité suffisante. L’évaluation des travailleurs sociaux sert à protéger l’enfant, je tiens à le souligner car souvent, on s’y intéresse surtout sous l’angle du vécu des familles postulantes. 

 

Au bout de combien de temps avez-vous obtenu l’agrément du conseil Général ? 

 

Neuf mois après le dépôt de mon dossier, en octobre 2003. Cet agrément est valable pour une durée de cinq ans. 

 

Et ensuite ? 

 

Ensuite, j’ai choisi entre les différentes pistes existantes pour trouver un enfant. On peut adopter en France : les enfants nés sous X, qui sont heureusement peu nombreux et sont plutôt confiés à de jeunes couples. Les autres pupilles sont des enfants à particularité : grand ou avec un problème de santé, un handicap. On peut sinon se tourner vers l’étranger, soit via des OAA (organismes agréés pour l’adoption), ou via l’Agence française pour l’adoption (qui existe depuis 2005), soit en démarche individuelle dans quelques pays. Là aussi, il y a beaucoup de demandes et les critères de sélection par les pays sont stricts (âge des adoptants, situation matrimoniale, durée de mariage, revenus…). Je me suis tournée vers l’adoption individuelle. Dans cette démarche, c’est l’adoptant qui prend en charge les recherches et contacte les intermédiaires locaux, avec le souci de pratiquer une adoption éthique, ce qui n’est pas évident à vérifier quand on n’est pas sur place ! Mais c’est un enjeu essentiel : tôt ou tard, l’enfant vous posera des questions auxquelles il faut être en mesure de répondre. J’ai choisi d’adopter en Haïti car c’est un pays ouvert aux postulants célibataires. 

 

Comment avez-vous trouvé votre enfant en Haïti ? 

 

Le plus important, c’est de trouver la bonne « crèche », dotée d’une déontologie sérieuse, où les enfants sont bien traités et qui s’assure sérieusement de l’adoptabilité des enfants. Je me suis documentée sur Internet, via les forums consacrés à l’adoption, auprès de parents ayant déjà adopté. J’ai trouvé une crèche sérieuse, mais dont les délais d’attribution étaient longs. Ainsi, j’ai déposé mon dossier en janvier 2004, obtenu l’attribution de mon fils en septembre de la même année, mais n’ai pu aller le chercher qu’un an plus tard, en septembre 2005. 

 

Comment s’est passée votre première rencontre ? 

 

Je savais déjà que j’étais Maman d’un petit garçon en septembre 2004, on m’avait envoyé sa photo. Cela a été éprouvant d’attendre un an avant de le rencontrer… Quand je suis arrivée à la crèche, le personnel l’a prévenu « Ta maman est là ». Jules avait 4 ans. Il est venu se blottir dans mes bras, je me souviens de son air si sérieux ! Puis nous avons joué. A un moment, il est tombé et s’est fait mal au genou. Une puéricultrice a voulu l’aider mais il l’a rejetée et s’est tourné vers moi. J’ai donc examiné son bobo, j’ai soufflé dessus et il était guéri ! C’est ainsi qu’il m’a baptisée Maman, de sa propre initiative. Quand on adopte un enfant de cet âge, il a déjà une histoire, un caractère, une psychologie. 

 

Et l’intégration en France ? 

 

Elle s’est globalement bien passée. J’ai eu la chance que Jules, dont le séjour dans la crèche haïtienne s’était bien déroulé, ait d’emblée confiance dans les adultes, ce qui a grandement facilité les choses. Il a eu très vite une stratégie d’appropriation du monde autour de lui, s’est bien intégré dans ma famille. Il a découvert avec bonheur le vélo et tout un tas de choses qui nous semblent naturelles mais qui étaient des nouveautés pour lui. Cela n’a pas empêché, pendant la première année, des crises d’angoisse et des cauchemars qui se sont peu à peu espacés. Par son histoire, il a plus d’inquiétudes que les autres enfants. Vers 3-4 ans tous les enfants prennent conscience qu’ils peuvent perdre leurs parents. Mais lui sait que cela arrive « pour de vrai » ! 

 

Vous, comment avez-vous vécu son arrivée ? 

 

Devenir Maman de Jules est la plus grand aventure de ma vie. C’est aussi une expérience émotionnelle extrêmement forte, violente même. Il faut savoir que cette « prise de greffe » passe par une fusion entre l’enfant et ses nouveaux parents. Ayant un immense besoin de sécurité, l’enfant adopté les sollicite tout le temps et ne souffre aucune séparation d’avec eux, pas même une porte fermée… A d’autres moments, par méfiance, il va vous rejeter ou tester le lien que vous construisez : allez-vous, vous aussi l’abandonner ? Il prend donc toute votre énergie, et ce n’est pas évident à vivre, surtout, quand on est seul à l’élever. Il est essentiel de trouver des stratégies pour respirer un peu. Personnellement, quand j’ai senti que je craquais, je suis allée avec mon fils passer quelques jours chez une amie qui avait elle-même des enfants. Jules a pu jouer avec d’autres enfants et moi avoir des conversations d’adultes : cela nous a fait le plus grand bien à tous les deux ! 

 

Jules va-t-il rester fils unique ? 

 

Non ! J’ai obtenu, en janvier dernier, l’attribution d’une petite fille de 3 ans ! J’espère pouvoir aller la chercher bientôt, mais la procédure traîne… et l’attente est aussi insupportable la seconde fois que la première ! Jules a hâte aussi de découvrir sa petite sœur. 

 

Qu’auriez vous envie de dire aux personnes qui réfléchissent à l’adoption ? 

 

Il est essentiel de bien se documenter (livres, échanges avec des parents adoptifs) pour bien comprendre les enjeux et les problématiques de cette démarche. Je leur conseillerai aussi de ne pas rester isolés une fois que l’enfant est là. Des associations comme EFA (Enfance et Famille d’adoption) proposent des rencontres et des échanges qui permettent de mieux préparer son projet et de trouver du soutien quand on en a besoin.

La rédaction de BébéVallée


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